Izio Rosenman

Izio Rosenman

Physicien, psychanalyste, intellectuel engagé.

Portrait d’Izio Rosenman
Izio Rosenman — © Gabriel Soussan

Né à Dęblin, en Pologne, en 1935, il est déporté enfant à Buchenwald. Il arrive en France en 1945 avec les « enfants de Buchenwald », recueillis par l’OSE. Il devient physicien au CNRS, puis psychanalyste. En 1989, il fonde avec Albert Memmi l’Association pour un Judaïsme Humaniste et Laïque, et dirige depuis 1993 la revue Plurielles.

Physicien

Six mois avant la fin de Supélec, Izio espère faire de la recherche à l’ENS, auprès d’Alfred Kastler. Le physicien — futur prix Nobel — est intéressé, mais le statut d’apatride d’Izio, réfugié polonais, lui ferme la porte. Kastler le réoriente vers Pierre Aigrain, qui monte une équipe et l’embauche.

Il commence en 1959 au LCIE — le Laboratoire Central des Industries Électriques —, à Fontenay-aux-Roses, dans un groupe de recherche de physique. Il y soutient en 1967 une thèse de troisième cycle sur l’effet Shubnikov–de Haas et la structure de bande de Cd₃As₂. La thèse achevée, une partie du laboratoire part à Jussieu ; les autres réclament de suivre, Aigrain accepte, et tout le labo déménage. Izio devient physicien au Groupe de Physique des Solides.

Directeur de recherche au CNRS, il y mène une carrière de quarante ans en physique des solides — surtout les composés d’intercalation du graphite, puis les supraconducteurs à haute température, et enfin la matière molle. Il travaille notamment avec Jean Bok et dirige quatre thèses (Laurent Legrand, Francisco Batallan, Christophe Gripon, Charles Simon).

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Psychanalyste

Il commence par une courte analyse, qu’il quitte, puis poursuit une dizaine d’années avec Jean-Paul Pinel (SPP). Il est supervisé par Piera Aulagnier et Micheline Enriquez, du Quatrième Groupe. Il passe aussi un DEA de psychologie clinique, consacré à la théorie de la psychose.

Pendant près de huit ans, il suit le séminaire de Piera Aulagnier. Il se forme au psychodrame psychanalytique auprès de Jean Gillibert et Jean Chambon.

Devenu psychanalyste et psychothérapeute d’enfants, il revient à l’OSE — l’institution qui l’avait accueilli enfant — comme administrateur, et y anime des séances de psychodrame psychanalytique.

Intellectuel engagé

De 1953 à 1959, il fréquente l’École Gilbert Bloch d’Orsay, où il rencontre Manitou (Léon Askénazi), Henri et Liliane Atlan. Étudiant, il milite à l’UEJF, au bureau de Paris puis au conseil d’administration.

En 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, il fait partie du Comité des intellectuels pour une solution négociée du conflit, avec Claude Lanzmann, Pierre Vidal-Naquet et Yves Jouffa. En mai 1968, il préside le comité d’animation politique à Jussieu ; il participe au Comité Vietnam.

En 1989, il cofonde l’Association pour un Judaïsme Humaniste et Laïque avec Albert Memmi, Violette Atal Lefi et Anny Dayan-Rosenman. Il fonde et dirige la revue Plurielles depuis 1993, et anime avec Anny le festival « Livres des mondes juifs ».

Il défend de longue date une paix négociée entre deux peuples et la reconnaissance d’un État palestinien, au sein de « Deux Peuples, Deux États » puis de JCall, dont il est au bureau avec Anny, David Chemla, Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy.

Izio Rosenman et Anny Dayan Rosenman
Izio et Anny Dayan Rosenman — © Gabriel Soussan